LA FEE QUI AIDE A GRANDIR

David Epston a donné ce matin une conférence qui commençait par une déconstruction de l’apprentissage de la propreté autour de l’idée communément acceptée (pour des raisons culturelles et sanitaires) que les excréments seraient obligatoirement quelque chose de sale.

Il a revisité l’article de référence qu’il a écrit avec Michael White sur l’encoprésie (celui avec “Sneaky Pooh” -Caca Sournois- qu’ils ont publié en 1983 et qui figure dans leur livre “Les moyens narratifs au service de la thérapie”, Editions Satas) et les réflexions autour des tours que les problèmes peuvent jouer aux enfants et des farces, ou “trucs” dont l’enfant et son équipe (parents, thérapeute, famille…) peuvent jouer en retour aux problèmes.
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UN LIEN ENTRE LA NEUROBIOLOGIE ET LA NARRATIVE ?

Le gros défi conceptuel de cette Conférence Narrative est venu de Jeff Zimmermann et Marie-Nathalie Beaudouin (USA) avec une exploration des liens entre les pratiques narratives et les découvertes récentes en neurobiologie, des liens avec un point d’interrogation mais qui ouvrent des pistes de réflexion passionnantes, interrogent les frontières des idées narratives sur l’identité intentionnelle, et portées de surcroit par des praticiens qui ne sont pas des perdreaux de l’année (1986 pour Jeff et 1994 pour Marie-Nathalie). Ils proposent l’idée d’une neurobiologie interpersonnelle de l’ “homo sapiens sapiens narrativus”.
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UNE CARTE DE L’UNPACKING

Rudi Kronbichler (Autriche) a abordé pour sa part les différents niveaux d’expression de la vie, sous forme d’unités d’expérience et de sens complexes qui peuvent être développées (“dépiautées” ou bien “déballées” = unpacked) en différentes “couches”.

Une même expérience peut faire partie de multiples histoires pour un même individu, qui correspondent à plusieurs thèmes différents. L”Unpacking” est une idée développée par Michael White qui répond à la fois a un objectif de déconstruction au sens Derridien, mais aussi de mise en lumière de l’absent mais implicite et d’exploration des différents niveaux de la vie et font partie d’un faisceau de récits. Continuer la lecture de UNE CARTE DE L’UNPACKING 

DE NOUVEAUX OUTILS DE TRAVAIL AVEC LES COMMUNAUTES

Dans la ligne de l’arbre de vie, de l’équipe de vie ou du cerf-volant de la vie, voici 3 nouvelles métaphores thérapeutiques collectives qui illustrent l’incroyable créativité de la scène narrative brésilienne.

Le rythme de la vie présenté par Adriana Muller (Brésil), qui propose une métaphore musicale faisant travailler les groupes sur : 1. mon instrument composé par une caisse de résonance (les souvenirs précieux) et la partie vibrante (valeurs, compétences) et le son (espoirs, rêves : “où veux tu que ta musique aille, quel public veux tu toucher ?”) ainsi que le public (les personnes importantes pour le client) 2. jouer la chanson (quelle musique je jour aujourd’hui , comment le public réagit-t-il ?) 3.l’orchestre de la vie (mon instrument parmi les autres, correspond à la forêt dans l’arbre de vie), 4. s’accorder (comment pouvons nous jouer ensemble, les challenges auxquels un orchestre est confronté) et 5. Quelle musique allons nous jouer ensemble (la musique de la vie) Continuer la lecture de DE NOUVEAUX OUTILS DE TRAVAIL AVEC LES COMMUNAUTES 

LA CHARTE DES DROITS DU NARRATEUR

– Article 1 : chacun a le droit de définir son expérience et ses problèmes a l’aide de ses propres mots et expressions
– Article 2 : chacun a le droit pour sa vie d être compris en prenant en compte le contexte de ce qu’il a subi et le contexte de ses relations avec les autres
– Article 3 : chacun a le droit d’inviter ceux qui sont important pour lui a participer au processus de débarrasser sa vie des effets du trauma
– Article 4 : chacun a le droit que les problèmes causés par les traumas ne soient pas localisés en lui, à l’intérieur, comme s’il était lui-même insuffisant ou inadéquat. La personne n’est pas le problème, le problème est le problème.
– Article 5 : chacun a le droit que ses réponses aux trauma soient reconnues. Personne ne reçoit passivement les traumas. Les gens réagissent toujours. Ils protestent toujours contre l’injustice.
– Article 6 : chacun a le droit de voir ses compétences de survie reconnues et honorées
– Article 7 : chacun a le droit de savoir et de se rendre compte que ce qu’il a appris à travers les difficultés peut contribuer à d’autres vivant des situations similaires

Source : David Denborough, Dulwich Center

HONORER SES ANCETRES

La cérémonie d’ouverture d’une Conférence Internationale des Thérapies Narratives ne ressemble à rien de connu.

Plutôt que de souhaiter la bienvenue aux participants dans un pays, les organisateurs les accueillent dans une histoire : celle de leur peuple. Des aperçus de cette histoire sont offerts au travers de récits, de photos, et bien sûr de chansons. Dans un pays de musiciens comme le Brésil, ces dernières avaient une place particulière, avec un groupe de percussions, l’hymne national revisité en bossa-nova, des chants traditionnels…

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QUE FAIRE DE LA COLERE ?

Voilà une drôle de vidéo transmise par notre amie Michèle Gauthier. Un monsieur, père de famille français vivant au Japon, un de ces anonymes qui ne passent jamais dans les médias, grâce au vecteur narratif que représente Internet, pique une grosse colère au sujet du nucléaire.

Outre qu’à titre personnel, ce témoignage me touche beaucoup, je trouve qu’il pose des questions intéressantes sur l’information dominante transmise par des médias potentiellement façonnés par le pouvoir moderne, mais en même temps professionnelle, distanciée et recoupée, et une forme d’information alternative.
Cette information alternative est affective, partiale et proche de l’expérience. On la voit se développer dans certains secteurs de l’information professionnelle et parfois prendre sa place, avec toujours la suspicion d’un montage ou d’un trucage cynique (cf. le débat dans ce blog il y a plus d’un an sur Marlo Morgan).
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UNE AUTRE HISTOIRE

Les cultures dominantes disqualifient les autres en les qualifiant de primitives et se qualifient elles mêmes de seule voie possible et de “vraie vie”. Mais il existe d’autres récits et des options différentes. Aider une histoire alternative à se déployer c’est à la fois respecter la volonté de ceux qui ont accepté de se raconter pour ne pas disparaître et proposer un exercice de décentrage qui rend très exotiques et parfois très pathétiques nos coutumes et nos pratiques. Seul, reste l’art, qui transperce et traverse l’humain avec une résonance universelle. Quelle leçon de civilisation, en effet !

GAYE STOCKELL, AVEC FINESSE ET POESIE

Tous les visiteurs australiens, américains et canadiens qui se sont succédés à la Fabrique depuis septembre dernier dans le cadre d’une année très (trop ?) riche nous ont fait bouger, chacun dans son style :

Flamboyant pour Stephen Madigan, créatif pour John Stillmann, galvanisant pour Cheryl White et David Denborough, éthique pour Ruth Pluznick. Gaye Stockell, quand à elle, nous a proposé d’explorer notre propre relation aux pratiques narratives, comment nous avons intégré les différents apports au fil des mois pour certains et des années pour d’autres, quels problèmes nous rencontrons et qu’est-ce qui peut nous soutenir dans notre travail.

Sans powerpoint ni vidéo, elle nous a fait partager sa façon de travailler toute en finesse et en sensibilité, mais avec des questions qui vous expédient instantanément en orbite. Continuer la lecture de GAYE STOCKELL, AVEC FINESSE ET POESIE 

UNE LECON DE TOLERANCE

Photo Julie Epp

Ruth Pluznick était à Bordeaux pendant deux jours pour un séminaire sur l’approche narrative et la santé mentale.

Elle nous a parlé en particulier du projet qu’elle mène à Toronto avec son associée et qui consiste à interviewer des enfants qui ont grandi avec des parents confrontés à des difficultés mentales importantes, puis à interviewer les parents individuellement et en groupe, et à croiser les expertises de vie des deux groupes en les documentant.

C’était la première fois que la Fabrique Narrative organisait un séminaire très clairement tourné vers la psychopathologie. Nous ne faisons pas en général une très grande distinction entre coaching narratif et thérapie narrative dans la mesure où nous considérons qu’il s’agit de deux processus d’accompagnement aux intentions relativement proches, même s’ils se réalisent dans des contextes éloignés.

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